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Jeudi 25 janvier 4 25 /01 /Jan 21:20
 Niveau Lycée

Le théâtre est avant tout une forme de spectacle particulièrement vivante qui réunit interprètes et spectateurs. A la fois littérature et lieu public, il occupe une place particulière parmi les genres littéraires et sa spécificité rend complexe la manière d'aborder le texte. Il s'agit en effet d'une écriture destinée à une représentation. Dès lors, il est interessant de se demander si ce texte est suffisant en lui-même pour monter un spectacle. Pour répondre a cette interrogation, nous nous interesserons dans un premier temps aux élements contenus dans le texte théatral qui suffisent pour une representation, et enfin nous étudirons ce qu'il faut ajouter à la pièce pour faire un spectacle complet. Ainsi nous pourrons comparer nos deux points de vue pour en tirer une conclusion.


Tout d'abord analysons le texte théatral et montrons qu'il suffit à monter une pièce.

Pour commencer, toutes les pièces de théatre comprennent, dans leur texte, des didascalies. Les didascalies sont des indications scéniques qui décrivent le décor, les gestes des personnages et leurs costumes. Grâce à ces didascalies, l'auteur transmet au futur metteur en scène toutes les informations nécessaires à l'élaboration de l'éspace scénique et à l'attitude que doivent avoir les différents personnages. Par exemple, dans Dom Juan de Molière, au début de l'acte I, l'auteur indique au metteur en scène que « le théatre représente un palais ». Devant la première réplique de Sganarelle dans l'acte I scène I, il écrit à l'intention de l'acteur qu'il doit tenir une tabatière. Les dramaturges parcèmes donc leurs pièces de didascalies qui dictent au metteur en scène toutes les actions des différents personnages ou la nature des différents decors.

Ensuite, la forme même du texte, sa ponctuation et le rythme des phrases indiquent aux différents acteurs, les intonations et le ton qui doivent être donnés aux propos des personnages. En effet, le dramaturge a, par sa façon de ponctuer les phrases, exprimé l'humeur du personnage. En rythmant les tirades d' une certaine manière, il instaure les differentes phases de la pièce. Par exemple, en écrivant des tirades faites de phrases complexes par subordination, il ménage une attente, un suspens. Hugo, dans Hernani, souligne l'insistance d'Hernani et de Don Carlos à se battre par une succession de courtes tirades exclamatives. Par la forme qu'il donne à son texte, l'auteur de théâtre definit l'énonciation que doivent avoir les personnages et l'athmospère qui doit régner sur scène.

Enfin, le texte contient toutes les informations sur les personnages, leurs actions et le contexte de la pièce. En effet, où trouver plus d'informations que dans le texte lui-même? Avant le commencement de la pièce, l'auteur nous cite tous les noms des personnages que nous allons rencontrer dans l'oeuvre, et qui ils sont. Après quelques pages de lecture nous pouvons situer l'intrigue plus ou moins geographiquement et dans le temps. En outre, le texte nous fournis toutes les actions des personnages et ce qui leur arrive ; c'est son rôle. Par exemple, dans Dom Juan de Molière, on nous précise avant le début du texte, que Pierrot est un paysan ou encore que Done Elvire est la femme de Dom Juan qui est lui même le fils de Dom Louis. Le texte théatral contient donc toutes les informations necessaires relatives aux acteurs et à l'intrigue en général.

Nous pouvons déduire d'après toutes ces conclusions que le texte théatral semble suffisant pour monter un spectacle. Il est toutefois interessant d'observer l'opinion opposée et voir ce qu'il manque à l'écrit pour produire une pièce sur scène.


Changeons donc de point de vue et plaçons nous du coté des partisans du non. Par les partisans du non, j'entend parler des personnes qui sont opposées à l'idée qu'un texte est suffisant en lui-même pour monter un spectacle.

Tout d'abord, un grand nombre de facteurs se rapportant aux personnages ne sont pas definis dans le manuscrie théâtral qui n'est fait que d'aproximations. Quel âge ont plus précisément les personnages? De quelle façon particulière s'exprime le protagoniste, a-t-il un accent particulier? Quelle est sa nationalité ? Autant de paramètres que doit definir le metteur en scène pour mener a bien et donner de la qualité à son spectacle. Par exemple dans la mise en scène de Dom Juan par M.Weber, ce dernier decide que son Dom Juan aurait un âge plus mur que dans la plupart des autres mises en scène. Il choisit donc de nous présenter un protagoniste de quarante ans contairement à Molière qui, lui, nous proposait un Dom Juan d'une trentaine d'année. Le metteur en scène a donc un pannel de facteurs qu'il peut changer selon son inspiration tout en restant dans l'esprit de la pièce. Il doit ajouter sa touche personnelle pour créer ses personnages car il ne peut pas seulement s'appuyer sur le texte.

Ensuite, pendant la création des spéctacles le choix des décors et des costumes est une étape très importante mais pas évidente à realiser. En effet, même si nous avons des précisions générales sur le lieu de l'intrigue, il ne nous est présenté que vaguement. Il en est de même pour les costumes, dont on connait la nature mais pas la forme ni la couleur exacte. Les costumiers et les décorateurs doivent donc faire appel à leur sens de l'esthetique et de l'imagination pour créer un espace scénique de qualité et agréable à l'oeil. Par exemple on sait que dans Hamlet de Shakespear, l'oncle du protagoniste portait une cape en sa qualité de roi. Mais cette cape était-elle bleue, couleur de la royauté, ou rouge, couleur de la passion et de la puissance ? Les tapisseries de son château portaient-elles sur un thème religieux ou profane ? Tous ces élements qui paraissent secondaires sont en fait la base même de l'originalité d'une pièce. Leur forme n'étant pas relaté dans le texte, c'est à l'équipe de réalisation la choisir et donc d'ajouter une donnée par rapport au texte.

Enfin, il semble plus facile de monter un spectacle où l'auteur a envisagé les gestes, les déplacements, les costumes et le décor. Pourtant, si les metteurs en scène se bornaient à appliquer ces directives, les reprises d'une même pièce manqueraient d'originalité et malgré le talent des comédiens, le public riquerait de se lasser du texte. Chaque relecture doit en enrichir le sens et c'est au metteur en scène que revient cette tâche. Il doit donc actualiser la mise en scène pour que les spectateurs puissent comprendre le message originel que le dramaturge a voulu faire passer. En 1944, André Barsacq monte pour la première fois la pièce d'Anouilh, Antigone. Les personnages, au lever de rideau, sont prostrés, habillés de noir et de blan. Créon, Hémon et le Choeur portent des costumes modernes. Le metteur en scène a choisi de rendre intemporelle cette tragédie antique afin de lui donner "sa résonnance et sa portée humaine par delà les siècles", dira P. de Boisdeffre. Chaque mise en scène doit donc être remise « au goût du jour » par le metteur en scène pour se démarquer des autres représentations et pour ne pas lasser le public.
Comme nous l'avons vu, le théâtre classique laisse une grande liberté aux metteurs en scène contemporains. Ils n'ont pas manqué d'appuyer l'un ou l'autre aspect du texte suivant les problèmes de leur époque.

Pour conclure, le texte à lui seul ne pourra fournir à l'équipe de réalisation tous les détails dont ils a besoin pour monter sa pièce. Nous avons vu qu'il est trop flou, trop general sur beaucoup de points. Le texte n'est donc pas suffisant en lui-même pour monter un spectacle. Pour finir, il est interessant de se poser une question. Les choix du metteur en scène constituent-ils à leur manière une interprétation ?

Par Ephraïm - Publié dans : Dissertations
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